vendredi 27 juin 2014

La mère que j'aurais voulu être...

Étant adolescente, je ne voulais pas vraiment d'enfant... Je savais déjà à ce moment que je voulais travailler avec les enfants mais l'idée d'en avoir à moi n'était pas très claire...

Un jour, à l'âge adulte, j'ai décidé que je n'aurais pas d'enfant...  La vie que je voulais mener ne concordait pas avec le fait d'avoir des enfants...

Et puis un jour, un petit bébé est venu se faire une place (très discrètement) dans mon ventre.  Ni le père, ni moi ne voulions des enfants...  Je prenais la pilule (TOUS les matins même la fin de semaine, je me réveillais à 8hrs pour prendre ma pilule)...

Après 3 mois de grossesse (j'ai continué à avoir mes menstruations), le 1er juillet 1999, j’apprenais que j'étais enceinte (un moment donné, la prise de poids, la douleur aux seins et la tite ligne brune sur le ventre finissent que par te donner des doutes).

J'étais maman...

Avant l'arrivée de ce petit bébé dans ma vie, j'avais une idée très claire de la mère que je voulais être (donc celle que je ne voulais jamais être, ne voulant pas être maman)...

Je serais à la maison avec eux, matin-midi-soir-nuit...  Je voulais être là pour chacun de leurs exploits, être celle qui allait les reconduire au hockey, baseball, soccer, cours de natation, musique et autres...

Je voulais être de ces mamans qui vont au parc TOUS les jours avec les enfants et qui  au retour font un bricolage, le dîner santé et préparent pour la sieste.

Je voulais être cette maman qui forme un couple parfait avec le papa, qui habite une petite maison et qui mange bio...

La mère que j'aurais voulu être, était une mère TOUJOURS patiente, TOUJOURS reposée et JAMAIS débordée par le temps, la vie, les enfants...

La mère que j'aurais voulu être, ressemblait un peu à la maman de Caillou (pas physiquement là on s'entend) mais avec un enfant qui ne rechigne pas, écoute TOUTES les consignes et bien entendu est un petit ange...

Mais finalement, je n'ai pas été cette mère là... (finalement à regarder la mère de Caillou c'est une chance, tellement elle tape sur les nerfs)...

Mes enfants ont fait peu de sports, Fiston n'aime pas ça et Fillette aime mieux gambader que de courir après un ballon dans le but précis de le lancer dans un but...  Je suis maman-mono donc la belle petite famille parfaite n'a pas eu lieu...

Je perds patience parfois, je ne suis pas TOUJOURS présente pour eux, et oui, il m'arrive de rater certains événements de leur vie.  Je ne suis pas impliquée à l'école comme je souhaitais l'être (une grande partie à cause d'une désillusion de ce monde scolaire).  Mon fils a fait de la musique, il a détesté... malgré un très grand talent, j'ai abdiqué...

On ne mange pas bio à tous les repas, oui mes enfants ont mangé des hot-dogs et du Kraft Dinner...

 Il y a des jours (plusieurs) où la visite du parc à pris le bord et que le bricolage s'est transformé en "Carmen Campagne live on a DVD"...

Je ne suis pas la mère que j'aurais voulu être mais...  j'Aime mes enfants plus que tout au monde, je leur dis au moins 10 fois par jour.  Je les aide à devenir des humains d'amour, de compassion et de pardon (faut ben si je veux qu'ils m'excusent de la mère que je suis).  Je suis heureuse et comblée et je crois que c'est ce qui est important...  Car en fait, même si je ne suis pas la mère que j'aurais voulu être, mes deux enfants me disent au moins 10 fois par jour : Je t'Aime et il me répète constamment combien ils sont heureux de m'avoir comme mère...

Je ne suis pas la mère que j'aurais voulu être mais je suis la mère que je suis heureuse d'être...

Êtes-vous le parent que vous vouliez-être ?

Pour me suivre ailleurs et ne rien manquer de maman et bien plus c'est ici    ou ici 

jeudi 19 juin 2014

Cette enfant que je n'aimais pas !

Il y a quelques jours, j'ai écrit sur ma mort... Sur le jour où je suis morte!

Mon texte a inspiré une collègue de plume qui a écrit sur sa mort à elle !

Son texte, et une discussion que j'ai eu avec, m'ont inspiré à mon tour...

Alors voilà... (je vous préviens ce texte peut choquer)

Il y a près de 10 ans, j'apprenais que j'étais enceinte...  Cette grossesse méga surprise arrivait vraiment mal dans ma vie ! J'étais en couple depuis à peine 8 mois avec le papa de ce bébé qui grandissait dans mon ventre, nous vivions une tentative de famille recomposée (lui avait déjà 4 enfants et  moi mon fils) depuis moins de 3 mois, j'avais un tout nouveau travail depuis à peine 1 mois (éducatrice en CPE donc retrait préventif automatique) et les relations avec les ex n'étaient pas faciles...

Mettons que j'avais d'autres chats à fouetter que de tomber enceinte !!

Pendant quelque mois, j'ai pensé à l'avortement...  Je ne parlais de cette grossesse à personne, excepté mon conjoint et une amie...  Je ne voulais tellement pas rendre cette grossesse à terme mais en même temps l'idée de l'avortement m'était insoutenable... J'étais terriblement malade, je dormais tout le temps, je n'arrivais plus à m'occuper de mon fils comme je le faisais avant...  J’espérais presque me réveiller et me rendre compte que tout ça n'était qu'un rêve...

Le réveil fut brutal... J'avais un bébé dans le bras suite à un accouchement relativement facile... Ma fille venait de naître à 36 semaines de grossesse...  En voyant ma belle princesse, je ne suis pas tombée en amour avec elle, je la trouvais belle (elle était magnifique vraiment) et j'ai senti un attachement à elle que je n'avais pas avant d'accoucher mais pas un amour inconditionnel, pas le même amour que j'avais pour mon  fils... un peu plus le genre d'amour que j'ai pour les enfants en général...

Cette petite merveille était venue déranger ma vie, mes plans... Elle avait beau être belle et souriante, elle n'était pas prévue dans mon plan de vie...

La première année de vie fut difficile... Princesse ne faisait pas ses nuits, elle se réveillait au 2 heures et buvait aux seins aux heures...  Je passais mes journées à la nourrir et à m'occuper des autres enfants et ce sans avoir vraiment changé ma vie...  Fillette a vue plus de 100 matchs de soccer en 1 an... elle me suivait partout et je suivais le reste la famille partout...

Je m'occupais d'elle, j'en prenais soin mais plus par nécessité que par amour inconditionnel... Inutile de préciser que cela n'a rien aidé à ma dépression mais je le précise tout de même...

Elle faisait des crises épouvantables, elle demandait beaucoup de temps, elle demandait beaucoup tout court... J'étais fatiguée, épuisée, je lui en voulais... Si ce n'avait pas été d'elle, j'aurais quitté son père des mois auparavant... mais pour elle, je restais. Je ne pouvais assumer de me séparer encore une fois du père de mon enfant...  Je me disais qu'elle était là pour quelque chose...

Le temps a passé, nous sommes allée en voyage le papa, Fillette et moi... Seulement tous les trois, les cinq autres enfants étant chez l'autre parent.  C'était 1 an pile poils après la naissance de ma fille...

Ce voyage fut miraculeux, j'ai pris du temps pour moi, j'ai dormi (yé) et j'ai vu ma fille différemment !  J'ai eu du plaisir avec elle.  Je l'ai regardé avec de nouveaux yeux, avec le coeur gonflé d'amour...  Je me souviens parfaitement bien de ce moment... Nous étions à l'hôtel, elle était par terre et me souriait en se dirigeant vers moi et je suis tombée follement amoureuse de ma fille...

Elle venait d'avoir 1 an...  je venais de devenir mère pour la deuxième fois !!!


Pour me suivre ailleurs et ne rien manquer de maman et bien plus c'est ici    ou ici 

mardi 17 juin 2014

Le jour où je suis morte !!

Il y a deux ans et des poussières, je suis morte...  Parfois, il me semble que ça fait beaucoup plus de lunes que ça, que c'est, il y a vraiment plus longtemps mais c'est bel et bien il y a un peu plus de 24 mois.

J'étais en fin de vie depuis déjà quelques mois, je dirais même quelques années.   Il y a des jours où j’espérais que la mort arrive au plus vite, que la vie cesse, que la douleur cesse... Je n'en pouvais plus de cette douleur, de cette souffrance.

Il y avait cette foutu bête qui me grugeait le cerveau et le cœur...  Une bête invisible pour bien des gens, une bête que les médecins n'arrivaient pas à éradiquer de mon corps.

Quand cette bête vous gruge de l'intérieur, ça ne parait pas... Si j'avais été amputé de la jambe ou du bras, les gens auraient remarqués mais non moi j'étais amputée de l'intérieur... Parfois,  même moi j'arrivais à oublier que la bête était là.  Elle me donnait du répit par moment pour revenir plus forte par la suite.

J'ai même cru quelques fois en une rémission, tout s'alignait pour que se pointe une guérison, pour que cette bête disparaisse enfin et que je reprenne de l'énergie, de l'engouement... Chaque fois, ça repartait de plus belle, la douleur, l'agonie, la détérioration de mon état.

Ce qui est bien, c'est que je pouvais continuer à faire mes choses, sourire (du moins faire semblant) et vaquer à mes occupations. Je vous dirais même que lorsque je vaquais à mes occupations, j'avais l'impression que je repoussais la mort, j'avais moins mal, je me sentais plus forte qu'elle...

En plus de vivre avec ce monstre intérieur, je vivais une relation de couple difficile et une monoparentalité qui me grugeait beaucoup d'énergie. La peur d'être seule et la peur de mourir étaient plus forte que le reste... Mon cœur, mon âme, mon cerveau et mon corps n'allaient plus...

J'ai tenté tant bien que mal de me soigner, de me guérir, de survivre...

Et puis un jour, ce fut final, ce fut fatal : je suis morte.

Mon âme, mon cœur et  mon cerveau tout s'est éteint... Mon corps est resté animé mais le reste n'y était plus.

Le 3 février 2012, je suis morte...

Avant ce jour fatidique, ma tête et mon cœur allait un peu mieux pourtant, il me semblait voir une toute petite lumière au bout du tunnel... Et puis le verdict est tombé : "IL" me quittait pour toujours... Mon cœur a cessé de battre...

Tsé quand tu as une bête que tu combats depuis des lunes (vraiment beaucoup trop de lunes) qui te gruge le cerveau et les émotions à grandes bouchées, qu'il ne te reste que le cœur de vivant et bien quand il reçoit un coup foudroyant, c'est fatal : tu meurs...

Je n'avais plus la capacité de passer au travers de ce nouvel obstacle, cette rupture était de trop.

La bête était rendu trop forte, trop puissante, trop présente...  Je n'arrivais plus à me battre, à combattre, à vouloir vivre, à vouloir m'en sortir... J'ai perdu 20 livres en 3 semaines... Vous savez quand on meurt, on ne mange plus, on ne boit plus, on dort tout le temps... et on perd du poids.

Quand on meurt, on tue la bête aussi, elle meurt avec nous...  C'est un peu ce qui m'est arrivé.  La bête est morte... Du moins, elle a perdu beaucoup de vigueur, elle a perdu de la force. On m'avait dit que parfois il faut atteindre le fond du baril pour remonter à la surface et bien ils avaient raison...

La mort est certainement le plus profond du baril qu'il soit possible...

Durant quelques jours, semaines, mois, j'ai airé comme une âme en peine entre ciel et terre. En fait j'étais une âme en peine...

Et puis un jour, j'ai retrouvé le chemin vers la vie ! (Ce ne fut pas magique, il y a eu beaucoup de thérapies, soutien, entraide, etc.)

Cette foutu dépression, cette infâme bête qui me grugeait de l'intérieur, qui me suivait depuis trop longtemps était belle et bien chose du passé... Le trou qu'elle laissait en moi, dans ma vie, à fait place à la passion, à la compassion,  à l'amour de soi et des autres et au pardon...

Plusieurs mois après Pâques et quelques jours avant Noël je suis ressuscitée... ... Ça m'a pris plus que 3 jours... ça c'est certains.

J'ai repris possession de mon cœur, ma tête et mon âme.  J'ai repris le contrôle de ma vie, de mon moi tout entier.

J'ai enfin pu prendre soin de moi, me soigner complètement, être moi et comprendre qui j'étais et surtout m'accepter... J'ai complètement tué la bête (victoire)... J'ai compris que ma relation de couple antérieure me tuait à petits feux, que de ne pas avoir soigné mon passé, me grugeait petit à petit, que je répétais sans cesse les même erreurs sans jamais en tirer de leçons...

Je suis maintenant en vie, en fait, plus vivante que jamais, plus souriante, plus heureuse...  Je respire le bonheur et la joie de vivre...

Mourir fut épeurant, être malade si  longtemps presque réconfortant mais tout cela en valait le coup, tout cela en valait la peine...

Je dis merci à la vie pour cette rupture, pour cette dépression et davantage pour ce retour à la vie !!

Merci à tous ceux qui ont été là durant l'agonie,  la mort et la renaissance... Je demande pardon à ceux que j'ai blessé au passage, être morte, ce n'est pas facile à gérer...

Et un immense merci à mes deux enfants, mon amoureux (qui était un ami à l'époque) et mes merveilleuses amies qui ont pris soin de mon âme et mon cœur morts dans un corps vivant...

La  vie est vraiment merveilleuse !
Pour me suivre ailleurs et ne rien manquer de maman et bien plus c'est ici    ou ici